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Patrick Malenfant, illustrateur.

La vie rêvée d’un zombie rêveur. Voilà comment se décrit Patrick Malenfant, notre artiste de la semaine. Suivez-nous, direction le Québec !

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je pense que la meilleure façon de me décrire serait de dire que je suis resté un enfant qui regarde tous ces adultes s’essouffler à courir comme des fous, sans comprendre ce qui les stresse autant, puisqu’au final, on va tous au même endroit.

Parlez-nous de votre parcours professionnel, comment êtes-vous devenu illustrateur ?
J’avais environ 10 ans quand j’ai découvert une collection de caricatures et les Rubriques-à-Brac de Gotlib en fouillant clandestinement dans le grenier aux trésors de mon oncle.
Ce fut pour moi une révélation.

À l’époque, bien avant le développement des jeux vidéo et animations 3D, il n’y avait malheureusement aucun programme ou formation de cartooniste, bédéiste et encore moins de caricaturiste, en tout cas pas dans la petite ville où j’ai grandi. La passion des p’tits bonshommes y était considérée comme un hobby et l’idée de vouloir en faire son gagne-pain était tout simplement délirante. J’ai donc cherché ma place dans des formations de dessins mécaniques et techniques, tout en rêvant de création fantaisiste.

Ce fut enfin à l’âge de 28 ans qu’une conseillère a changé ma vie en me guidant vers une formation intensive de dessin animé à l’essai. Grâce à ce programme en développement et au stage qui a suivi, j’ai pu travailler pendant 2 ans 1/2 dans un studio de dessin animé de Montréal où j’ai rencontré des personnes aussi juvéniles de caractère que moi et qui, 15 ans plus tard, comptent toujours parmi mes meilleurs amis. Détail intéressant : l’une de ces personnes allait plus tard devenir une illustratrice pour enfants connue sous le nom de Lolilou, elle est aussi la mère de mes deux adorables filles. (Et, oh! quel hasard, elle fait elle aussi partie du catalogue des artistes d’Unikness:-).

Après cette période animée, poussé par l’envie de plus en plus criante de créer en toute liberté, j’ai fait le pari insensé de me lancer dans le freelance en tant qu’illustrateur. Au fil du temps, mes caricatures et mes BD ont paru de façon régulière dans plusieurs magazines culturels et humoristiques du Québec. J’ai aussi eu l’occasion d’illustrer des tutoriels et des présentations Powerpoint pour des entreprises telles que Pfizer et Ubisoft. Aujourd’hui je crée entre autre des cartes de souhaits loufoques et je fais, encore et toujours des caricatures pour des magazines d’humour.

Tous droits réservés © Patrick Malenfant
Tous droits réservés © Patrick Malenfant

Comment définiriez-vous le métier d’illustrateur ?
C’est un métier génial qui permet de laisser libre cours à toutes nos plus folles fantaisies. Un métier? Oui avec de la chance et énormément de persévérance, mais c’est d’abord une passion qui nous anime, qui permet de rester jeune de cœur et de s’évader du quotidien en s’inventant une nouvelle vie chaque jour. Un métier qui fait rêver et rend les rêves bien réels, le temps d’une lecture ou d’un film. C’est le plus cool et le plus beau métier parce que l’illustrateur est un vrai magicien. Son crayon magique ouvre la porte à des milliers de mondes enchantés. Il est un créateur. Il est Dieu et parfois le Diable et tellement plus. Enfin bon… je m’laisse encore emporter…

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
L’actualité pour les caricatures et la bêtise humaine pour les gags de mes BD. Source inépuisable de situations loufoques et délirantes.

Qu’aimez-vous dessiner en général ?
Des caricatures, définitivement. Je ne fais même pas exprès pour déformer les traits, c’est ça mon secret. J’essaie de dessiner ce que je vois et ça sort comme ça, tout de travers. Ma tête est un palais aux miroirs déformants.

Tous droits réservés © Patrick Malenfant
Tous droits réservés © Patrick Malenfant

J’adore aussi me prendre pour Dieu et créer des personnages.
J’ai également un penchant très penché vers l’humour morbide, voire sanglant.

Je suis un mordu de films d’horreur depuis un weekend inoubliable de 1982, quand mon père m’a laissé regarder Massacre à La Tronçonneuse et Evil Dead alors que j’avais 10 ans. (Oui encore cette année-là, décidément une année marquante dans ma vie).

Préférez-vous une technique plutôt qu’une autre ? (Encre, aquarelle, digital, crayon à papier, …) Pourquoi ?
Je marie toujours deux techniques. Le digital est génial, j’adore ma Wacom, mais elle ne me donnera jamais la sensation que me procure le contact du bon vieux crayon sur ma bonne vieille tablette de papier à sketchs. Je commence donc toutes mes créations sur papier, puis les encres au feutre noir. Enfin je fais la couleur sur Photoshop. Pour certains types de contrats, où le vectoriel s’impose, l’étape de l’encrage est remplacée par la mise au propre en vecteurs sur Illustrator, mais là encore, mon sketch scanné est toujours mon premier calque.

Pouvez-vous nous décrire votre environnement de travail ?
Le bordel. Car c’est dans le chaos que naît l’étincelle créatrice…

Racontez-nous votre journée type…
Ma journée type a récemment beaucoup changé avec l’arrivée d’une nouvelle personne dans ma vie. Disons qu’elle m’a inspiré de l’ordre et de la discipline, deux mots dont j’ai ignoré la signification pendant 4 décennies. Mais ce qui ne changera jamais, c’est la perte de tout contrôle pendant le processus créatif. La perte de la notion du temps, des besoins physiques les plus élémentaires tels que la faim, la soif et le sommeil. Bref, la libération bénie des contraintes physiques durant mon séjour quotidien à Neverland. Et aussi mon attirance irrésistible pour la nuit.

Pouvez-vous nous parler d’une de vos réalisations qui vous tient particulièrement à cœur ?
Je suis très heureux que mes caricatures et mes BD soient publiés dans des magazines, puisque ce sont des publications semblables qui m’ont inspiré cette passion au départ. Mais mes réalisations qui me rendent le plus fier, ce sont mes deux filles. Ces deux petits anges qui ont elles aussi la fibre créatrice. Je suis fier de pouvoir leur transmettre un peu de cette passion, malgré les aléas souvent pénibles et difficiles de la vie d’artiste.

Vous êtes inscrit sur Unikness mais travaillez-vous sur d’autres projets en parallèle ? (livre, BD, exposition, …)
J’ai toujours une idée en tête. Que ce soit pour des gags, des caricatures ou des cartes de souhaits humoristiques. En ce moment je manque de temps pour les réaliser, mais loin de moi l’idée de m’en plaindre, parce que quand je ne manquerai pas de temps, je manquerai probablement d’argent. 🙂

Vous avez un mot de conclusion ?
Rêve ta vie de rêve et vis ton rêve de vie!

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