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Charly Debray : Créa’ctif à cordes multiples

Charly Debray alias DEB, est une artiste pluridisciplinaire qui défend son métier corps et âme.

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Charly, 31 ans, illustratrice indépendante depuis 2007. Je suis spécialisée dans les techniques traditionnelles mais je pratique aussi la peinture digitale et la photographie (un faible pour le photoreportage).

Parlez-nous de votre parcours professionnel, comment êtes-vous devenu illustratrice ?
Je ne le suis pas devenue. Pour résumer la chose, je dessine depuis l’âge de cinq ans. Ça fait partie de moi, c’est un organe aussi vital que les poumons, le cœur et les reins. En faire mon métier vingt-trois ans plus tard était donc une évidence.

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Comment définiriez-vous le métier d’illustrateur ?
Je compare souvent l’illustrateur à un survivaliste qui doit savoir slalomer entre les écueils provoqués par la crise financière : avoir toujours une longueur d’avance vis à vis de ses projets, débrouillard, réactif, capable de changer de direction. Vous aimez le barrel racing ? Le métier d’illustrateur est fait pour vous.
Bref, l’illustrateur d’aujourd’hui se doit d’être multi casquette et être autant à l’aise devant un travail de mise en page qu’il l’est avec son crayon, ses pinceaux, son hamster, sans parler du fait qu’il doit savoir se défendre devant des clients le prenant parfois pour une sorte de pigeon libre-service (je pense au sympathique blog “Mon maçon était illustrateur”).
Et surtout, surtout, il doit savoir se débrouiller un minimum avec les différents outils de communication pour se vendre. Il ne faut pas se voiler la face : le milieu de l’illustration (et du graphisme en général), c’est devenu Koh Lanta, sauf que, si vous vous faites nominer et que vous devez quitter l’aventure, ce n’est pas à un cachet de consolation auquel vous aurez le droit mais au RSA (pour ce dernier, bon courage).

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
La musique (surtout classique) m’inspire plus que les visuels bien qu’ayant eu une très longue période Franquin de laquelle je me détache doucement, en particulier les compositeurs tels que : Satie, Rachmaninov, Brahms, Tchaïkovski (son concerto pour violon en ré majeur op. 35 me remue les tripes à chaque fois et active mon imagination)… Un faible aussi en ce moment pour les compositeurs contemporains comme Olafur Arnald et Max Richter …

deb_music - Tous droits réservés © DEB

Qu’aimez-vous dessiner en général ?
Ce que j’ai dans la tête (je ne vais pas m’étaler, les sujets sont parfois inavouables). J’ai un Youtube dans le cerveau (musiques, images, idées ….) qui tourne à plein régime du soir au matin, reste à attraper la queue du Mickey (exercice périlleux mais je me défends).

Préférez-vous une technique plutôt qu’une autre ? (Encre, aquarelle, digital, crayon à papier, …) Pourquoi ?
Lorsque je dessine pour un client, non : je m’adapte à ses attentes.
Lorsque je dessine pour moi … non plus.
Mais en ce moment, j’ai un petit faible pour l’aquarelle (peut être la réminiscence d’une vie antérieure, j’ai certainement dû être un plancton et rendre l’âme dans l’estomac d’une baleine). En fait, généralement, c’est en fonction de l’envie de l’instant, suivant mon état d’âme. Je dessine avec tout ce qui me passe sous la main. Une famille de seiche en a fait les frais dernièrement.

Pouvez-vous nous décrire votre environnement de travail ?
Un toit, quatre murs et une table à dessin.

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Racontez-nous votre journée type…
Comme tous les illustrateurs, je me lève à 16h de l’après-midi, je me prend un bon Chocapic Beaujolais en glandant devant Game Of Throne et je joue à GTA jusqu’à 7h du matin.

Plus sérieusement :
7h00 : lever – yoga – douche
7h30 : petit-déjeuner
8h30 : je sors mon jack
10h00 : je m’attelle à la table à dessin et/ou je regarde mes mails
12h30 : Déjeuner
13h30 : Retour à la table à dessin (ou à la tablette graphique suivant la commande du moment).
18h30 : je ressors le jack
19h30 : Dîner
20h30 : Reboulot
21h30 : je ressors le jack
22h30 : Reboulot
00h00 – 01h00 : Coucher

Bien sûr, ces horaires peuvent varier. Je m’accorde, en fonction de mon état mental et physique, quelques pauses et j’ai les activités du quotidien (courses, café avec les amis, Yoga) afin de ne pas devenir une illustratrice sociopathe (j’aime mon chien et les chatons).

Pouvez-vous nous parler d’une de vos réalisations qui vous tient particulièrement à coeur ?
Je ne m’attache jamais à mes réalisations plus d’un jour : je suis une perfectionniste jusqu’auboutiste. C’est la promesse d’un travail de qualité pour le client mais lorsque je travaille sur mes propres projets, c’est une torture mentale de chaque instant.

Vous êtes inscrit sur Unikness mais travaillez-vous sur d’autres projets en parallèle ? (livre, BD, exposition, …)
Ha les projets… Oui plein (mais en autoédition) : photographie, livre jeunesse, reportage … J’ai sortie dernièrement un ouvrage sur le cheval “CARNET EQUIN” qui a rapidement trouvé ses lecteurs.

Vous avez un mot de conclusion ?
J’aime bien mon métier malgré tout ce que je viens d’écrire plus haut. Mais il faudrait qu’on arrête d’ouvrir des écoles d’art à tout va (bande dessinée, illustration, etc ) dans le seul but inconscient et/ou inavoué de “détrousser” les étudiants pour mieux les laisser sur le carreau une fois qu’ils arrivent sur le marché du travail.
C’est criminel : la filière est plus que bouchée. Sur la centaine qui sort le diplôme en poche chaque année, un très faible pourcentage réussira vraiment à tirer un revenu décent (à traduire par factures de la vie quotidienne, loyer, essence etc). Pour la grande majorité, c’est souvent un long chemin de croix qui commence, entre le RSA et les petits boulots payés trois cacahuètes. Pour ceux qui ont la chance de vivre encore chez leurs parents, la donne est différente mais guère enviable.

Si des jeunes me lisent : vos profs ont généralement une place bien au chaud et un bon petit salaire qui tombe tous les mois. Vendre du rêve, dans ces conditions, c’est assez facile.
Bref, avant de signer le premier chèque pour intégrer une école top moumoute parce que vous en rêvez depuis tout petit, mûrissez la chose longuement. Ayez déjà des projets viables en cours et accrochez-y vous !

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Tous droits réservés © DEB

Faites-les vivre maintenant. N’attendez pas d’avoir votre diplôme pour y penser ou vous terminerez momifiés dans l’interminable file d’attente du Pôle Emploi. La sélection naturelle est impitoyable. Mais si on aime le métier à en crever et qu’on garde ses objectifs dans le viseur, on finit par en tirer quelque chose de beau, vraiment (faut tout de même le préciser).

Tous droits réservés © DEB
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